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Le disco? On croit souvent ne pas en connaître beaucoup sur ce style de musique, mais aussitôt que l'on se met à fredonner un petit « Stayin' Alive » ou encore un « Dancing Queen », on se rend vite compte que ces hymnes n'appartiennent pas seulement aux plus vieux que nous mais qu'ils font aussi partie des souvenirs des plus jeunes. Malgré ses nombreux détracteurs,  le disco québécois fête ses 30 ans cette année. C'est le chanteur Georges Thurston, mieux connu sous le nom de « Boule Noire » qui faisait référence à la coupe de cheveux qu'il arborait ainsi qu'aux disques 33 tours, qui a été le premier à présenter un produit en français aux québécois en 1975. C'est par contre en 1976 que le chanteur a connu le succès avec des chansons comme Aimes-tu la vie et Loin, loin de la ville.

Au Québec comme partout où le disco a fait fureur, le public en général apprécie le style mais les critiques condamne le genre et annonce sa mort en disant que cette musique ne passera pas le test des années. Boule Noire se souvient du mépris envers les artistes du Disco surtout en cette époque nationaleuse, où toute forme d'américanité était rejetée du revers de la main et était vue comme étant quétaine et une démonstration flagrante de faiblesse de colonisé. Plusieurs artistes Québécois, en plus de Boule Noire, ont connus des succès locaux mais aussi internationaux. Parmi eux, nommons seulement les André Gagnon, Patsy Gallant, Martin Stevens, Gino Soccio et Nanette Workman.L'histoire prouvera aux critiques qu'ils avaient tort puisque le Disco s'écoute, se danse et se vit encore. Le style est encore bien vivant dans les salles de danses et dans les bacs des disquaires.  

Au fond, le disco c'est quoi?

La musique disco est le résultat d'un mélange de Funk, de Soul et de musique Latine. En général, ses chansons ont un rythme d'environ 120 battements par minute (BPM) ponctués par la caisse claire à chaque temps les rendant idéales pour danser. Le style a vu naître de nouveaux instruments comme les synthétiseurs et son instrumentation allait des violons aux claviers électriques et des cuivres aux rythmes synthétisés.  

 Etymologie : D'où vient le nom « Disco » ?

Au début des années 1960, le mot « discothèque », signifiant « bibliothèque de disques » prit le sens de « boîte de nuit » car l'on venait y danser au son d'une musique enregistrée sur disque et non au son d'interprètes en direct. À partir de 1975, on voit l'apparition de l'abréviation « disco », désignant à la fois ce type de salle et le nouveau genre musical qu'on pouvait y entendre et la danse qui s'y rattache.

Instrumentation : Les outils pour nous faire danser !

Les producteurs de disco des années 70 utilisent des instruments de leur époque. Le son disco est souvent associé à une rythmique basse/batterie mise très en avant dans le mix (souvent même plus forte que la voix), aux arrangements de violons et de cuivres avec des expressions linéaires à l'unisson ou bien joués dans les ponts (fill), et aux voix avec beaucoup d'effets d'écho et de reverb. La partie rythmique, mise très en avant, est constituée d'une batterie et de percussions latines, congas, timpani mais aussi de batteries électroniques ou boîte à rythmes (I Feel Love de Donna Summer) qui appuient davantage le rythme four-on-the-floor. Chaque temps du 4/4 est mis en avant par le pied de grosse caisse. Elle est mixée très forte en volume. La basse est jouée souvent de manière syncopée, elle peut être remplacée par des sons de basse de synthétiseurs électroniques (ex: Moog). La guitare est le plus souvent rythmique, dans un style funky chicken-scratch, avec des effets comme la wah-wah ou le phaser, les temps faibles peuvent êtres accentués. Le piano et/ou des claviers electro-acoustiques, très à la mode dans les années 70, comme le Fender Rhodes, le Wurlitzer et le Hohner Clavinet, assurent l'accompagnement. Des arrangements sont réalisés avec des ensembles à cordes (violons, violoncelles...). Un autre instrument à corde se retrouve sur de nombreuses productions disco, la harpe (I Will Survive de Gloria Gaynor). Des ensembles de cuivres, trompettes, trombones, saxophones et d'autres instruments à vent comme la clarinette, le piccolo, la flûte et d'autres sont fréquents également. À partir de la fin des années 70, on commence à entendre des synthétiseurs qui remplaceront petit à petit les arrangements de cordes et de cuivres au cours des années 80.

Ce courant musical a fait danser des millions de gens et continue de le faire indirectement par le recours au sample. Madonna ne vient-elle pas de faire des millions d'exemplaires avec un Album disco ? Les Daft Punk n'ont-ils pas explosé mondialement avec un album intitulé discovery (...Disco-Very, Very Disco) ? dans lequel ils « samplent » d'ailleurs George Duke, un pianiste de jazz devenu un grand producteur de RNB dans les années 80 ? Tous les styles sont liés. Des pianistes comme Ahmad Jamal interprètent des titres de Funk comme Superstition de Stevie Wonder. Il existe des dizaines de types de Disco différent, de l'orchestration classique à la Costandinos (que Eddie Barclay présenta à Cerrone pour qu'ils travaillent ensemble) aux choses les plus électroniques. Même des musiciens très réputés comme Quincy Jones et Herbie Hancock ont produit du disco.

Si le disco est devenu ringard, c'est parce qu'un groupe qui avait intérêt à ce qu'il disparaisse (des producteurs de rock et de punk) ont organisé un lynchage médiatique du genre musical pendant la finale du super-bowl ( l'évènement médiatique le plus regardé aux Etats Unis ) en proposant à tous les spectateurs - prévenus - de venir brûler leurs disques de Disco au milieu de la pelouse. La presse a repris en chÅ“ur le mot d'ordre et le disco est devenu indésirable.

Il y a pourtant une énergie sensuelle, physique et sophistiquée dans ce style musical. Rien ne peut l'enlever. Un seul remède au mépris : la culture, l'ouverture d'esprit, la curiosité et la tolérance.  

Lis l'article consacré au disco dans                                                                              

 


 

 

 

Texte et webédition : Luc Villandré



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