





Douze élèves de quatrième secondaire de la polyvalente Montignac de Lac-Mégantic ont eu dernièrement l'opportunité de vivre une expérience culturelle riche en émotions de toutes sortes.
Le 25 février, accompagnée de trois adultes aguerris, ils prenaient la direction de la Cordillière des Andes, en Amérique du sud, pour la cité péruvienne de Comas. En tout, ce voyage d'initiation humanitaire s'est échelonné sur une période de 12 jours soit jusqu'au 8 mars. Revenus de cet extraordinaire périple avec des souvenirs inestimables, les élèves méganticois ont encore des images plein la tête.
Culture via spiritualité
Pour Patrick St-Jacques, animateur à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire, le but de ce projet visait à fournir une occasion à des jeunes de porter un regard nouveau sur le monde qui les entoure. Le projet visait également à développer la capacité de se «décentrer de soi» et d'apprendre de l'autre, de celui qui est défavorisé et exploité. L'objectif ultime : découvrir une nouvelle culture afin de davantage se connaître soi-même. « C'était plus qu'un voyage culturel, les jeunes ont pu découvrir de nouvelles valeurs, des valeurs qui ne sont pas nécessairement dominantes dans notre beau pays quelque peu matérialiste » d'ajouter le coordonnateur du projet. Point de vue partagé par Geneviève. « J'avais peur de trouver que les gens fassent vraiment pitié, qu'ils soient vraiment pauvres, vraiment dans la misère. Sauf que, quand on les voit aussi chaleureux, on se dit qu'ils sont plus riches que nous dans un sens » précise-t-elle.
Fun et entraide
Dans le bidonville d'Ano Nuevo, situé à flanc de montagne et en banlieue de Comas, les jeunes pèlerins ont élu domicile dans une bibliothèque appartenant à une congrégation religieuse. Il s'agit d'un établissement qui regroupe une maison des jeunes et un centre de la culture pour les ados péruviens de ce quartier défavorisé. D'ailleurs, les jeunes autochtones, en congé estival, ont participé à plusieurs activités avec les Québécois. Les deux groupes de jeunes ont pu s'amuser et échanger lors d'une visite d'une réserve écologique, de baignades dans la mer, le ramassage d'ordures dans le quartier, la construction d'un plancher pour une future école etc.. « Nous avons créé des liens importants avec ces gens-là. Quand nous les avons quittés, tout le monde était en sanglots. Nous aussi on pleurait » ont confié Vincent et Philippe.
Machu Pichu
Sans l'ombre d'un doute, le moment tant attendu du voyage a été la visite de l'ancienne et réputée cité forteresse inca, le Machu Pichu. Située en pleine montagne à 2045 mètres d'altitude, le sanctuaire précolombien a été gardé secrète du 14e siècle jusqu'à jusqu'à la découverte du site en 1911 par l'archéologue américain, Hiram Bingham. Escaliers, temples, maisons, palais, tours, fontaines et nombreuses terrasses jadis aménagées, témoignent de la complexité de la civilisation inca. Certaines structures plus importantes avaient fort probablement une fonction religieuse. Toutes sont caractérisées par leur qualité technique et artistique. On avait même aménagé des champs artificiels, sculptés sur les parois escarpées de la montagne. Les historiens ont peine à imaginer de quelle manière les Incas ont réussi à construire cette ville. Chose certaine, les énormes pierres ne provenaient pas de la montagne.
Expérience formatrice
Ce projet particulier n'aurait pu se réaliser sans l'accord des Conseils d'établissement et d'école. M. St-Jacques a du démontrer avec conviction, la pertinence du programme en lien avec la vie scolaire. « Il fallait que le projet soit non seulement enrichissant mais il devait permettre le développement d'une panoplie de compétences transversales » précise l'animateur. Chaque participant devait acquérir certaines aptitudes via un programme de conditionnement physique rigoureux, une formation de base en espagnol, une série de cours d'histoire et de géographie, le tout agrémenté d'une réflexion spirituelle. Ce n'est qu'en janvier 2004 que le concept s'est finalement concrétisé. Grâce à des activités-bénéfices, le groupe a pu recueillir les 26 000$ nécessaires pour ce voyage qui restera gravé longtemps dans l'esprit des jeunes participants.
grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.



