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Café Graffiti, le carrefour de l'art moderne
Carole Lehirez

 
Le Café Graffiti met de la couleur dans le Bal en Blanc
 
 
Le Bal en Blanc, qui s'est tenu la nuit du 8 au 9 avril au Palais des Congrès de Montréal a connu un succès fou, à tel point que les organisateurs ont dû refuser du monde. Les artistes du Café Graffiti ont contribué à ce succès, puisque les danseurs ont pu se déhancher au milieu de leurs super héros favoris, grâce au talent de ces virtuoses de la bombe aérosol.
 
Une dizaine d'artistes du Café Graffiti, situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, ont travaillé d'arrache-pied nuit et jour pendant deux semaines pour faire jaillir sur de grandes toiles un décor urbain digne des albums de Spiderman. Fluke, Zeck, Axe et leurs complices ont rivalisé d'imagination pour peindre les 10 000 pi. c.  de toile, la plus grande fresque jamais réalisée par l'équipe du Café Graffiti.
 
Pour la 13e édition du Bal en Blanc, les directeurs artistiques de l'événement, Denis Brossard et Ian Routhier, voulaient que les danseurs aient l'impression d'évoluer dans une ambiance de ville de bande dessinée, dans une atmosphère colorée et surréaliste.
 

Café Graffiti - Bal en Blanc

Bal en Blanc - Café Graffiti

Défi du grand format
 
Les artistes se sont installés dans un bar désaffecté de la rue Sainte-Catherine pour peindre la trentaine de toiles ainsi que deux immenses panneaux constitués de 12 carreaux de 6 pieds de côté. «Le principal défi était qu'on ne pouvait pas mettre toutes les toiles les unes à côté des autres. Certaines pièces avaient 30 pieds de haut. Les artistes devaient donc commencer par peindre une première partie puis faire la suite», raconte Daniel Lauzon, directeur artistique du Café Graffiti.
 
Si les graffiteurs avaient une bonne idée du concept qu'ils voulaient développer, ils ne savaient toutefois aucunement ce que le résultat allait donner une fois installé sur place, sous les éclairages. Autre difficulté: le support était constitué de toiles enduites d'un produit ignifuge, pour répondre aux normes de sécurité du Palais des Congrès, ce qui modifiait l'application des couleurs.
 
Au bout du compte, toute l'équipe était très fière du résultat obtenu. Et le téléphone sonnait déjà au Café Graffiti au retour de la fin de semaine pour des demandes d'information. L'organisme communautaire qui a pignon sur la rue Sainte-Catherine Est fonctionne comme une centrale d'artistes. Une trentaine de graffiteurs et autant de danseurs de breakdance y offrent leurs services pour des ateliers d'animation dans les écoles ou encore des œuvres sur commande.
 
Le mural, très tendance
 
«Le mural est un marché qui se développe», note Daniel Lauzon. «Nous misons sur le côté artistique du graffiti. En créant des œuvres intéressantes, on contribue à sensibiliser le public à cette forme d'art. Les gens sont donc mieux informés et s'intéressent de plus en plus à ce courant.» Il est de bon ton, désormais, pour les bourgeois bohèmes, d'afficher une de ces productions sur le mur de leur salon.
 
Ajun, Astro, F.One, Icer, Jaber, Kers, Monk.e, Naes, Saer, Sage, Serak, Stack, Strack, Strike et Zeck 
sont les créateurs de ces super murales.
 
Les commandes viennent de toute part. Des particuliers qui demandent un éléphant pour une chambre d'enfant, aux entreprises qui veulent égayer leurs murs. Dernièrement, le Salon Chalets et Maisons de campagne a commandé une fresque de 125 pieds. Musique Plus fait également partie des clients. La commande la plus insolite ? Une boutique de chaussures de luxe a apporté cinq paires de chaussures de sport d'une grande marque connue à décorer. Elles sont désormais vendues à prix d'or!
 
Café Graffiti
Le Café-Graffiti a été créé au cœur d'Hochelaga-Maisonneuve,
en 1997, pour donner un milieu de vie aux jeunes, un lieu de rencontres et d'échanges. Le Café-Graffiti constitue une nouvelle famille sociale pour accueillir des jeunes cherchant à se bâtir une nouvelle identité, à découvrir et à exercer leurs talents d'artistes et se créer une vie positive.
Le Café Graffiti favorise l'éclosion de nombreux talents qui se sont taillé un nom, comme Monk-E, Arpi, Zeck ou Fluke. Peu d'artistes toutefois arrivent à vivre de leur art et plusieurs doivent faire cohabiter leur passion avec un autre boulot.
 
Le milieu du graffiti est très exigeant. Il ne suffit pas de taguer des murs pour pouvoir se déclarer artiste, souligne Daniel Lauzon, qui croit beaucoup dans l'avenir de ce médium. «Tous les tagueurs n'ont le talent nécessaire pour réaliser des fresques. En se dotant de références de haut niveau, on contribue à pousser les gens à se dépasser et à s'éloigner du graffiti illégal sur les murs.»
 
Textes : Carole Lehirez
Source : Le Flambeau de l'Est
Webédition : Jean-Guy Doiron
 
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